Tronçais et la recherche sur l’ADN du chêne

Dernière mise à jour le 7 juin 2021 par Francis Leblanc

La forêt de Tronçais au cœur d’un programme de recherche de l’INRAE sur l’ADN du chêne

Tronçais et la recherche sur l’ADN du chêne

Existe-il un facteur génétique qui expliquerait que certains chênes soient plus sensibles que d’autres à la sécheresse ? Partant d’une hypothèse « est-ce la présence de composant de chêne pédonculé dans l’ADN de certains chênes sessiles qui accélérerait les phénomènes de dépérissement dû à la sécheresse », l’INRAE va conduire une étude sur les chênes de Tronçais. Une campagne de prélèvements sur les chênes de Tronçais est organisée du 31 mai au 4 juin.

Chêne sessile

Chêne pédonculé

A gauche chêne sessile – à droite chêne pédonculé : peu de chose les sépare, pourtant … Le sessile serait plus résistant à la sécheresse – Photos N. Pétrel – ONF

Le chêne pédonculé plus sensible à la sécheresse ?

Y a-t-il une corrélation entre l’hybridation des chênes sessile et pédonculé et leur état sanitaire ? C’est ce que cherche Antoine Kremer de l’INRAE de Bordeaux, spécialisé dans la génétique des arbres. Pour cela il va s’appuyer sur les 895 arbres marqués par le DSF lors des observations DEPERIS.

Les observations sur le dépérissement des chênes consécutif à la sècheresse de 1976 faites par l’INRA Nancy avaient mis en évidence la sensibilité plus grande, et à l’époque presque exclusive, du chêne pédonculé aux effets de la sècheresse.

Les observations faites à l’automne dernier par le DSF semblent corroborer celles faites il y a quatre décennies. Mais des signes de faiblesse sont également perceptibles chez certains chênes sessiles. L’objectif des investigations génétiques est de préciser la relation entre le statut taxonomique (sessile ou pédonculé) et le dépérissement.

Les outils moléculaires disponibles aujourd’hui permettent d’estimer la composante « sessile » et « pédonculé » du génome de chaque arbre. Dans une forêt composée principalement de chênes sessiles, certains arbres « sessiles » ont maintenu une proportion certes faible mais non négligeable de « pédonculé » qu’ils ont hérité de l’histoire lors de contacts entre les deux espèces. Cet héritage (appelé introgression) n’est pas perceptible morphologiquement et nécessite un marquage moléculaire. Pour cela de 2-3 feuilles par arbre ou une pastille de cambium au pied de l’arbre (première couche de bois sous l’écorce) seront prélevés.

L’analyse des données permettra de fournir une assignation taxonomique précise de tous les arbres ce qui facilitera l’analyse des observations de dépérissement par la suite.

CONTACTS PRESSE ONF : Bertrand Dugrain Tél : 06.16.43.11.31 – bertrand.dugrain@onf.fr / Benjamin Laurandeau 06.22.79.09.94 – benjamin.laurandeau@onf.fr

CONTACT PRESSE INRAE : Antoine Kremer Tél : 06 63 11 51 26 antoine.kremer@inrae.fr

En savoir plus sur les effets du changement climatique à Tronçais : https://www.onf.fr/onf/+/b30::troncais-les-secheresses-cumulees-depuis-ans-laissent-des-marques.html

 

Mise en ligne : Francis Leblanc
Crédit texte : ONF