Valigny dans la grande guerre maire curé et instituteur

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Nul n’est épargné par la guerre. Les « personnalités » de la commune paient aussi leur tribut à la nation.

Valigny dans la grande guerre maire curé et instituteur

Valigny dans la grande guerre maire curé et instituteur - Nul n’est épargné par la guerre. Les « personnalités » de la commune paient aussi leur tribut à la nation.
Valigny pendant la Grande Guerre - Gilbert PÉNAUD, maire de Valigny

Le maire & les conseillers

Durant toutes les hostilités, le maire Gilbert PÉNAUD est mobilisé (dans la réserve du train hippomobile) ainsi que tour à tour les conseillers Jean MATHIAUD (dans la réserve du train des équipages), Jean DESCHAMPS (fantassin sur le front, blessé, décoré), et Jacques AULIN (artilleur au front).

Valigny pendant la Grande Guerre - Décès de l'Abbé Virlogeux

Le curé

L’abbé Louis VIRLOGEUX, ordonné en juin 1908, est le curé de Valigny depuis février 1913. Rappelé à l’activité en application du décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il est affecté à la 13ème section des infirmiers militaires à Vichy, puis sergent au groupement de brancardiers divisionnaires n°63. Il meurt aux abords de Verdun le 20 octobre 1916, titulaire de la croix de guerre, et de la médaille militaire à titre posthume.

Valigny est l’une des quatre paroisses de l’Allier – avec Couzon, Trévol et Saint-Martinien – qui ont perdu leur curé à la guerre.

Valigny dans la grande guerre maire curé et instituteur - Nul n’est épargné par la guerre. Les « personnalités » de la commune paient aussi leur tribut à la nation.
Valigny pendant la Grande Guerre - Obsèques de Gustave Chomaudon

L’instituteur

Eugène CHOMAUDON (1858-1942), longtemps en poste à Valigny, a trois fils touchés par la guerre. Albert, classe 1904, est non affecté, en tant qu’employé du télégraphe ; Louis-Eugène-Aristide, exempté de la classe 1909 est détaché dans l’industrie, en raison de ses talents d’ajusteur. Gustave, classe 1910, instituteur comme son père, est sergent au 334e régiment d’infanterie, d’août 1914 à janvier 1917, puis réformé pour tuberculose due « aux fatigues du service ». Il décède en juin 1922, considéré par tous comme une victime de la guerre.

Louis VIRLOGEUX

Un prêtre mobilisé

Amblemy, 27 novembre 1914

Cher Monsieur le supérieur,

[…] J’ai tardé un peu à vous répondre, faute de papier. Monsieur le curé de Cérilly vient de me ravitailler en cette matière et abondamment pour la campagne entière, à moins qu’elle ne soit interminable cette guerre monstrueuse. Ce qui ne sera pas, grâce à Dieu ; on ne voit pas encore d’une façon précise à quelle date nous aurons la victoire, mais cette victoire est assurée, et le jour n’en est pas très éloigné, à mon sens. À moins qu’on ne me change d’ici la fin de la guerre, j’aurai été toujours sur le front et je ne m’en plains pas. À la 63e division où je suis, il y a de nombreux soldats réservistes de l’Allier ; il n’est pas mal qu’ils sachent que les curés, même ceux qui ne combattent point, les ont suivis de très près. L’effet moral de notre présence est considérable et l’état d’esprit des troupes au point de vue religieux est excellent. La saison commence à devenir dure, surtout pour les troupes qui occupent les tranchées. Quant à nous, les brancardiers, on trouve toujours assez de paille pour ne plus geler la nuit. Le jour, on fait des feux d’enfer pour se rattraper, et il en est ainsi au jour le jour, sans s’inquiéter trop du lendemain, confiants en la Providence.

3 janvier 1915

Cher Monsieur le supérieur,

Je vous envoie mes meilleurs souhaits de nouvel an. Cette année 1915 sera celle de la victoire, espérons-le, et, en remerciant Dieu dont la préservation s’est faite souvent visible à mon endroit, j’ai tout lieu d’espérer que je serai du nombre de qui reviendront. Cette espérance est réconfortante, je compte sur vos prières pour qu’elle ne soit pas trompée.

Louis VIRLOGEUX, Caporal, 13e section d’infirmiers,

63e division de réserve, 7e groupe de brancardiers

Archives Départementales de l’Allier, 75J 88, fonds de l’évêché.

Merci à l’abbé Daniel Moulinet pour la communication de ces lettres