Valigny dans la Grande Guerre 11 novembre et après

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Le début de la fin de la guerre

Valigny dans la Grande Guerre 11 novembre et après

Le début de la fin de la guerre

À 11 heures, les mêmes cloches qui ont annoncé la mobilisation quatre ans auparavant sonnent l’armistice. La liesse est générale, mais pour retrouver la paix, la vraie quiétude, il faudra attendre de longs mois. Les premières démobilisations ne sont effectives qu’en décembre. La plupart des poilus ne rejoindront les leurs que durant 1919. Pierre Desforges revient à pied, de Roanne jusqu’à Isle. Les conscrits de 1912, n’ayant effectué que deux ans d’armée ( !) doivent terminer leurs trois ans…

Valigny pendant la Grande Guerre - Ernest CHASSIN - Frère de la Grd Mère Georges Thévenin

Au bourg, les restrictions alimentaires demeurent en vigueur jusqu’en 1920, tandis que l’on transcrit, jour après jour, les actes de décès des morts pour la France. François Vilpreux, disparu en août 1918, ne verra son décès officialisé qu’en 1921. La dépouille de Gilbert Lavédrine est rapatriée en février 1922. Plus de trois ans après la cessation des hostilités.

On chante « La Madelon de la Victoire » – la même que l’on chantera en 1945 –, quelques-uns s’engagent comme Ernest Chassin, les autres parlent de « leur » guerre en trinquant, ou en cauchemardant les nuits. La Der des Der, jusqu’à la suivante…

 

Madelon, emplis mon verre / Et chante avec les poilus

Nous avons gagné la guerre / Hein, crois-tu qu’on les a eus !

Madelon, ah, verse à boire ! / Et surtout n’y mets pas d’eau

C’est pour fêter la victoire / Joffre, Foch et Clémenceau !

L’armistice, vu d’ici

Ou presque : récit d’Adèle Parnière (1896-1989), épouse de Jules Debord, de Couleuvre.

Le 11 novembre 1918, c’est la Saint-Martin, jour où les cultivateurs changent de ferme. Adèle Geneviève PARNIERE (alors célibataire), ses parents et sa sœur Clotilde BOUCHICOT, sa fillette de 4 ans (son époux Louis est prisonnier en Bavière), quittent La Vesvre de Cérilly, pour s’installer au domaine de Jean Simon à Couleuvre. Elle raconte :

« Le soleil brillait. Il faisait très chaud en ce jour de novembre, sur la route poussiéreuse qui mène vers Couleuvre. Les animaux que nous poussions devant nous, avançaient lentement.

Heureusement, La Vesvre étant à moitié chemin entre Cérilly et Couleuvre, il n’y avait pas trop de chemin à parcourir.

Quand nous fûmes au milieu de la Forêt de Chaverot, nous entendîmes les cloches de Couleuvre sonner à toute volée. Comme pour la déclaration de guerre, quatre année plus tôt. La guerre serait-elle finie ? On en parlait depuis quelque temps …

Nous passâmes près de Rosières, un hameau avant Couleuvre. En arrivant près du bourg, au lieu-dit La Plante, où se trouvait un camp américain, nous vîmes les soldats qui sautaient de joie, en criant : « Guerre finie ! ».

Quelle immense joie emplit le cœur de tous. Il me sembla que le soleil brillait encore plus. Cent mètres plus loin, nous arrivions à la ligne du chemin de fer, avec la maisonnette de la garde-barrières. Le clocher de l’église de Couleuvre se dressait devant nous, et ses cloches continuaient à sonner. Tous les gens étaient sur le pas de leur porte, et nous saluaient du geste. Nous traversâmes le bourg. Tout le monde était dehors et riait.

Notre nouveau domaine, Jean Simon, n’étant qu’à un kilomètre de la sortie du bourg, nous fûmes vite arrivés. Il était midi. »

Récit communiqué par M. Robert Brunet, merci à lui.

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