Histoire de Valigny – 3ème période

Produits de nos tuileries

Four à Chaux du Plaid

La rigole de Goule

Le pont de Sausseux

Du moyen-âge à l'ère industrielle

Même si les moines quittèrent Valigny au XVIIe siècle, l’existence du prieuré puis du monastère contribuèrent à donner une certaine importance à Valigny, bourg rural, vivant économiquement en autarcie, mais relié au Berry et au Bourbonnais par sa dimension cléricale. Importance toute relative, car 30 « feux » y sont signalés  au début du XVIe siècle (13) ce qui correspondait au mieux à quelques centaines d’habitants, mais importance tout de même dans une France où la population n’était que de 20 millions d’habitants. On ne sait pas très bien (l’INSEE n’existait pas encore !) si ces « feux » comprenaient également les « loges de bûcherons », habitats plus ou moins illégaux, construits de végétaux et dans lesquelles vivaient des gens forts modestes, exerçant ou pas un métier. Ces loges étaient établies en forêt et dans les bruyères de Cacherats, du Colombier et de Valigny. Dans un rapport de gendarmerie de 1806, il est fait mention de 60 loges pour un total de 211 habitants (14) !

A la révolution, le monastère redevenu prieuré est vendu et la paroisse devient commune, à l’intérieur d’un district, puis d’un canton, celui de Cérilly et d’un département, l’Allier au tout début du XIXe.

A cette époque, il n’y avait pas l’eau courante au village et les lavandières se retrouvaient régulièrement au lavoir de la rue du lavoir (il y en avait d’autres en campagne) depuis…toujours ! Georgette Chauvet se rappelle encore de l’une d’entre elles, la « mère Bellot », grand-mère de feue Germaine  Jacquet, dont il ne fallait surtout pas prendre sa place qui était attitrée ! Ce lavoir ne fut couvert que vers les années 1935.

Dans la mouvance du développement industriel du XIXe, la population de Valigny décolle et va passer de 500 habitants vers 1800 à 1100 habitants à la fin du siècle. C’est le siècle d’or du développement des communes rurales, car à coté de l’activité agricole traditionnelle, des métiers de tous types, exercés localement, couvraient  les besoins de plus en plus larges des populations locales. A Valigny (15) on trouvait des porcelainiers, tuiliers, mécaniciens, charrons, garagiste, maréchaux-ferrants, meuniers, marchand de bestiaux, marchand de bois, menuisiers, modiste, couturiers, tailleurs, sabotiers, coiffeurs, de nombreux commerces (aubergistes, boulangers, cafetiers, épiciers, chapelier) et la grande famille des carriers, tailleurs de pierres et chaufourniers. Il y eut même un notaire, mais c’était avant, du XVIe au XVIIIe siècle (16). Quant à la poste, c’est en 1881 que le ministre des postes et des télégraphes décida sa création à Valigny (17). Sa carrière dura plus d’un siècle, jusqu’en 2006, quand la commune dut accepter de la transformer en Agence Postale Communale, donc en service municipal, pour maintenir une prestation convenable à ses utilisateurs (18).

Les trois implantations industrielles propres à Valigny sont donc la fabrique de porcelaine, les tuileries et les carrières.

  • Vers 1860 il existait une fabrique de porcelaine à Valigny (3&19), installée dans l’ancienne boulangerie, dont l’activité ne dura guère, mais qui employaient tout de même 24 porcelainiers en 1861 et encore 15 en 1866. Elle se situait à l’emplacement de l’ancienne boulangerie.
  • Des tuileries, il y en eut deux. L’une se situait au nord de Valigny au lieu-dit « La Tuilerie » sur la route de l’Etang en dessous du Plaid. La terre y est rouge en certains endroits et on trouve encore ici où là des briques avec l’inscription : « Tuilerie du Plaid, commune de Valigny, Allier ». L’autre plus importante, la tuilerie Doucet, s’était établie au sud du village sur la route de Couleuvre et des tuiles à sa marque se trouvent encore également à Valigny.
  • Les Carrières à chaux du Plaid ou Plaix comme cela s’écrivait à l’époque, étaient exploitées sans droit particulier depuis longtemps pour fabriquer bacs, mortiers et « bassies » vendus dans toute la région (3&20). Mais c’est en 1816 que la commune qui en était propriétaire, décida de les exploiter industriellement (21) par l’intermédiaire de fermages mis en adjudication. La famille Gominet cessa son exploitation en 1954, Emile Foultier en 1966. Le dernier adjudicataire, B. Villers, demanda la résiliation de son bail en 1971. Durant ce siècle et demi, les carrières employèrent jusqu’à une quinzaine de personnes en tant que carriers, tailleurs de pierres et chaufourniers sans compter les voituriers et charretiers qui se chargeaient du transport (22). Ces métiers étaient très durs physiquement et leur pénibilité dans l’échelle évoquée récemment par les partenaires sociaux aurait sans doute été à son sommet ! Ils consistaient essentiellement à produire de la pierre pour la construction et de la chaux pour l’agriculture. Un seul des trois (ou 4 ?) fours à chaux alors en exploitation est toujours visible et en bon état au 2, Chemin du Four à Chaux. On peut même le visiter en prenant rendez-vous avec les propriétaires.

C’est à cette époque, au milieu du XIXe siècle que le (ou les étangs)  de Montmarché, (ou de Maléchère (3) ou de Larguillat) préexistant au nord de la commune de Valigny en bordure du département du Cher, fut agrandi pour participer à l’alimentation en eau du canal de Berry en même temps que fut créé l’étang de Pirot à Isle-et-Bardais dans le même but. Ces vastes chantiers durent fournir, on l’imagine, du travail à nombre de valignois. C’était en tous cas la naissance de l’étang de Goule dont la superficie (110 hectares) en fait le plus grand étang de la région. Il était à l’époque relié à son voisin de Pirot par un canal (« la rigole ») qui a perdu cette fonction et dont la partie valignoise est devenue récemment propriété de la commune. Aujourd’hui, à son rôle de régulation du cours de l’Auron, s’est ajouté, depuis son achat par le département du Cher il y a une cinquantaine d’années, son statut de plan d’eau de loisir pour la pêche, la voile et la natation.

 

 

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