Concert Baroque du 15 juillet 2017 à Valigny

Concert de musique Baroque, un public peu nombreux mais chaleureux.

C‘était une première à Valigny, un concert de musique classique dans le cadre du Festival Baroque d’Auvergne 2017. Grâce à Hervé Mignot et à son équipe des Bourre-Bonnets, une grande artiste claveciniste, Bogumila Gizbert-Studnicka s’est arrêtée à l’église de Valigny afin de nous faire partager deux heures de pure bonheur.

Malheureusement l’auditoire était plutôt restreint puisque c’est une vingtaine de personne qui avait fait le déplacement, mais l’accueil très chaleureux qui fut réservé à l’artiste compensa largement le faible nombre de spectateurs.

Rappelons que le XXIIème Festival de musique Baroque en Auvergne se produit du 15 juillet au 25 août essentiellement dans les quatre départements de l’Auvergne (Allier, Cantal, Haute Loire et Puy de Dôme) avec quelques incursions dans le Cher, la Creuse, la Loire, l’Indre, l’Aveyron, et même une  représentation dans le Loiret et dans l’Aube. Tous les concerts ont lieu dans les magnifiques églises Romanes d’Auvergne, ce qui permet aux auditeurs de bénéficier de l’excellente acoustique qu’offrent ces lieux tout en admirant ce patrimoine exceptionnel.

Le concert à Valigny, débuta avec un compositeur Polonais du XVIIème, Jan PODBIELSKI, et son Praeludium. Tous les autres compositeurs joués étaient Français :

Michel CORRETTE (1707-1795) – Première suite du 1er livre de pièces pour le clavecin.

François COUPERIN (1668-1733) – Les Barricades Mystérieuses (1716).

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764) – Les Sauvages (morceau bien connu extrait de son opéra « Les Indes Galantes » – 1735) et Le rappel des Oiseaux créé en 1724.

Jacques DUPHLY (1715-1789) – La Pothouin créé en 1768.

Claude Bénigne BALBASTRE (1724-1799) – Quatre pièces extraites des 17 qui constituent son premier livre (1759) : La de Caze, La Courteille, La Lugeac, La Malesherbe.

Pendant l’entracte, Madame Gizbert-Studnicka joua la très célèbre « Marche Turque » de Mozart (Rondo Alla Turca, 3ème mouvement Allegro de sa sonate N°11 créée dans les années 1780) afin de nous rappeler qu’à cette époque, le piano forte (ancêtre du piano moderne que nous connaissons aujourd’hui) en était à ses débuts alors que le clavecin existait depuis le moyen âge (premières traces vers les années 1440). D’ailleurs, Mozart créa majoritairement pour le clavecin, même si ses pièces furent ensuite adaptées et jouées au piano.  Tous les salons et maisons bourgeoises des XVIIème et XVIIIème siècle possédaient un clavecin, et des concerts ( « de salons ») y étaient organisés. Le piano, plus encombrant, plus lourd se démocratisa plus tard au XIXème siècle.

Comme anecdote citée par Madame Gizbert-Studnicka, rappelons que pendant la terreur (1792-1794) un bûcher fut érigé au jardin des Tuileries où plus de 380 clavecins, pillés dans les maisons bourgeoises de l’époque, finirent en cendre. Les clavecins étaient alors un symbole représentant la noblesse, la bourgeoisie, et ce que l’on appelle encore aujourd’hui à tord, « la musique savante ».

Madame Gizbert-Studnicka enseigne depuis 1973 au conservatoire supérieur de Cracovie, titulaire de la Chaire d’Instruments Anciens. Primée à plusieurs reprises, elle participe à de nombreux concerts en Europe, Asie, Australie et a enregistré plusieurs CD dont un particulièrement en 2003, avec « Les quatre saisons » de Vivaldi en compagnie des solistes du Philarmonique de Berlin. Elle est depuis 1996 directeur artistique du Festival Baroque d’Auvergne, Auvergne où elle passe tous ses étés depuis maintenant 22 ans. A Valigny, elle a joué sur un instrument fabriqué en 2016 par le facteur de clavecin Fred Bettenhausen dont les ateliers sont à Haarlem aux Pays-Bas.

Malgré une faible assistance pour cette première, espérons que le Festival Baroque d’Auvergne s’arrêtera à nouveau à Valigny en 2018, et qu’il aura plus de succès.

La musique « dite classique » est abordable par tous, il n’y a rien à apprendre ou a comprendre, il suffit juste de fermer les yeux et de se laisser porter par les notes … Alors, essayez la vous ne serez pas déçu !

Crédit texte et photos: Francis Leblanc